Marie Meulien
D’encre et de glace
D’encre et de glace
D’encre et de glace
D’encre et de glace
D’encre et de glace
D’encre et de glace
D’encre et de glace
D’encre et de glace
D’encre et de glace

Dans le chagrin de la Terre
se meurent les glaciers
et — terrible — l’océan
tourmente les animaux
roulant dans ses eaux amères
leurs gestes animaux
leurs rêves animaux
engloutissant jusqu’à
leurs plus infimes fragments
de chair et de cristal.
...

D’encre et de glace. Dans le chagrin de la Terre, se meurent les glaciers

Inspiré par le phénomène préoccupant de la fonte des glaciers, le livre d’artiste D’encre et de glace nous donne à ressentir « le chagrin de la Terre » et le désarroi des animaux — lequel n’est jamais loin du désarroi des hommes. L’ouvrage s’ouvre sur un extrait de la Première élégie de Duino, de Rainer Maria Rilke : « Qui, si je criais, qui donc entendrait mon cri parmi les hiérarchies des Anges ? [...] ». Cette lamentation revient tout au long du livre.

Dans l’écho de ce cri figurant l’appel in extremis du vivant, se déplie un poème de Marie Meulien, composé de cinq mouvements courant sur cinq livrets pliés en leporello : À dos d’oiseau, la lumière, Elle danse, pluie de fragments, Déchiffrements, Scintillation, Nous naufrageurs. Ses photographies en noir et blanc y dialoguent avec celles, en couleur, de Bernard Coste. Les unes quêtant le sens de signes infimes enchâssés dans les fragments de glace échoués sur le sable noir, les autres saisies par l’implacable étendue laiteuse de la lagune que malmène la vague océane.

D’ENCRE ET DE GLACE. DANS LE CHAGRIN DE LA TERRE, SE MEURENT LES GLACIERS
© POÈME, PHOTOGRAPHIES NOIR BLANC ET CRÉATION DU LIVRE D’ARTISTE : MARIE MEULIEN
© PHOTOGRAPHIES COULEUR : BERNARD COSTE

L’ouvrage comprend 5 livrets de 12 volets, pliés en leporello. Chaque leporello est un tirage photographique original réalisé par les auteurs. Estampe numérique aux encres pigmentaires sur papier Fine Art aux fibres de bambou.
Format des livrets : 21 x 32 cm plié, 32 x 252 cm déplié. Coffret entoilé, couvert d’un tirage de La vague, de Bernard Coste, photographie emblématique de l’œuvre. Édition originale, 2024, de 15 exemplaires, signés et numérotés.

D’encre et de glace

...
Dans la fin du glacier,
cette gerbe de mer broyant
les agonies
— yeux cris pattes fourrures
et ultimes sanglots retenus —

son implacable éclat
posant sur l’oubli l’illusion
du sublime.
...

D’encre et de glace

...
Tandis que nous,
— naufrageurs de toute beauté,
passons passants pressés
parmi les vestiges.
...

D’encre et de glace

« Qui, si je criais,
qui donc entendrait mon cri
parmi les hiérarchies des Anges ?
Tout Ange est terrible.

Mais hélas ! vers qui se tourner ?
à qui donc, mais à qui
peut-on s’adresser ? »
...

D’encre et de glace

Tantôt la lumière passe
poudrant d’un bleu qui ment
tout un chaos de glace
et de cris tus...

tantôt c’est la brume
qui, de ses doigts absents,
désigne les perdus...
tantôt ce sont nos yeux avides
prenant leurs pleurs pour
des diamants.

D’encre et de glace

...
Il vole. Mais ne chante pas.
...