« Qui, si je criais,
qui donc entendrait mon cri
parmi les hiérarchies des Anges ?
[...] Tout Ange est terrible.
[...] Mais hélas ! vers qui se tourner ?
à qui donc, mais à qui
peut-on s’adresser ?
À l’ange, non ! À l’homme, non !
et les animaux pressentent
et savent, dans leur sagesse,
qu’on ne peut pas s’y fier :
que nous n’habitons pas vraiment
chez nous dans le monde
interprété. »
Rainer Maria Rilke, Première élégie de Duino
Créées dans l’écho de la citation de R.M. Rilke — Qui si je criais, qui ...? — les photographies de Fragments d’encre et de glace évoquent le phénomène préoccupant de la fonte des glaciers.
En contrepoint à l’indéniable beauté des immensités islandaises, cette série se penche sur de minuscules détails enchâssés dans les fragments de glace échoués sur le sable noir. Sous-tendue par un poème de l’auteure, elle révèle un univers de signes figurant l’appel in extremis du vivant. L’ensemble donne à voir et à ressentir « le chagrin de la Terre » et le désarroi des animaux — lequel n’est jamais loin du désarroi des hommes.
EXPOSITION, LIVRE D’ARTISTE.
Extrait du poème D’encre et de glace, de Marie Meulien
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